PACIFIC RIM. Par où commencer ? Glou l’a vu et vous en parle.
Geeks, otakus, fanboys et autres nerds, quelqu’un vous a entendu ! On y reviendra.
Si vous êtes de cette école qui consiste à chercher « le regard du réalisateur » dans des films intimistes où Marion et Dragan se retrouvent dans un lavomatique un an après leur séparation puis contemplent leur relation pendant deux heures avant que l’un d’eux ne ressorte écrasé par un chauffard alors qu’il avait laissé son numéro de portable à l’autre pour donner une deuxième chance à leur couple (le tout entrecoupé de flashbacks déprimants, bien entendu), passez votre chemin.
Pour vous, ce film de « mangasses » ne sera qu’un immonde produit commercial hollywoodien dénué d’âme et de substance à la gloire du pop-corn, de la violence et vous le jugerez beaucoup trop américain.
Pour ceux d’entre vous qui ne se prennent pas pour des intellectuels du cinéma: Précipitez vous.

Le film regorge de défauts mais il a des qualités indéniables.
Tout d’abord, il faut comprendre une chose: ce film est fun.
Guillermo Del Toro nous livre là, à mon sens, son meilleur film. En lisant cet article, certains prépareront une petite poupée à mon effigie et commenceront à y planter de nombreuses aiguilles pour avoir osé ignorer l’Echine du Diable et le Labyrinthe de Pan tout en hurlant « Salaud ! Crève ! ». Et pourtant, je maintiens ma position malgré toute future douleur.
Pour reprendre le jugement d’un bon ami, Grégoire Hellot (Le Greg Masqué): « le même choc que Starship Troopers, la satyre sociale en moins mais l’épique en plus ». Effectivement, Del Toro nous a concocté un blockbuster de l’été bien manichéen et jouissif qui n’est pas une suite ou remake. Résumons les prémisses scénaristiques du film.

Dans un futur proche, des monstres géants appelés des kaijus sortent un à un d’une brèche sous-marine et attaquent l’humanité. Pour se défendre, les gouvernements s’unissent et créent des robots géants appelés « Jaegers » pilotés par des duos de pilotes synchronisés par un procédé nommé « neural handshake » (poignée de main neurale) intelligemment traduit par « courant » en français. Seulement voilà, les monstres deviennent de plus en plus balaizes. La version plus simple.
Les monstres: Groaaaaaah !!!
Les humains: Vite ! Construisons des robots géants !
Les re-monstres: Re-Groaaaaah !!!
Les humains (pilotant un robot géant): Tiens, prends ça dans ta gueule !!! PAF !

Marvel avait déjà donné dans le genre en 1978 avec la licence Godzilla (LE kaiju s’il ne doit y en avoir qu’un). Doug Moench avait scénarisé le fait que Stark International aide deux scientifiques japonais à la création d’un robot géant conçu par le S.H.I.E.L.D pour être l’adversaire du plus célèbre lézard de l’histoire du cinéma. Originellement nommé SJ3RX, il sera volé par Rob Takiguchi qui n‘est autre que le petit fils d’un des scientifiques et renommé Red Ronin. Herbe Trimpe avait bien entendu dessiné le tout. Voilà pour cette brève incursion dans les comics. Revenons en au sujet principal.
On nous livre un film d’action rythmé et visuellement impressionnant via le prisme de la popculture geek que constituent les dessins animés japonais, les mangas et les jeux vidéo. D’ailleurs ce bon vieux Guillermo ne s’en cache pas et cite même Tetsujin 28 comme source d’inspiration. Question jeux, non seulement il va chez Valve chercher la voix de GlaDOS dans Portal (et également dans Fallout 2) en la personne d’Ellen Mc Lain, non seulement un des Jaegers traîne un bateau derrière lui dans l’intention de l’utiliser comme massue en reprenant plan pour plan Gaius de Shadow of Colossus traînant lui-même sa massue mais SURTOUT la reconnaissance totale vient sur Twitter de la part de Hideo Kojima créateur de Metal Gear Solid.
« Chers amis sur twitter, ce qui suit sont mes commentaires concernant « Pacific Rim ». J’ai la chance d’être autorisé par WB. Je n’aurais jamais imaginé que j’aurais suffisamment de chance pour voir un tel film dans ma vie. Le poussée émotionnelle est la même que quand j’ai ressenti le vide spatiale via « 2001: l’Odysée de l’Espace » et quand j’ai eu l’impression de pouvoir toucher les dinosaures dans « Jurassic Park ». L’animation et les films à effets spéciaux que j’aimais de mon enfance- ils existent maintenant tous à l’écran. Le réalisateur Guillermo Del Toro offre cette vision spectaculaire de kaijus massifs et de robots géants dans PACIFIC RIM. Ce film n’est pas simplement un film à respecter, il nous permet de rêver l’avenir des films de divertissement. Pacific Rim est LE film suprême d’otaku que nous attendions tous. Qui êtes vous, si vous êtes japonais et ne regardez pas ceci ? J’espère que accepterez cette lettre d’amour et source d’inspiration qui a traversée le Pacifique, écrite de Guillermo Del Toro. »

Les références à la série cultissime Neon Genesis Evangelion sont tellement évidentes qu’on ne va pas s’y attarder hormis pour signaler qu’il s’agit bel et bien de la version live de la NERV ! L’ennemi tapis dans les entrailles de la Terre ? Le principe est celui de Mazinger Z avec pour acteurs des hommages aux monstres de la Toei (kaijus) dont Godzilla est la figure de proue.
Détail surprenant: le personnage de Mako Mori est réellement joué par une japonaise et non pas par une chinoise ou une coréenne comme dans les films commerciaux habituels où il suffit de trouver une jaune quelconque (ils se ressemblent tous). Comme quoi, tout peut arriver.

Les points négatifs du film sont assez simples. Hormis Charlie Day en savant fou, Ron Pearlman en seigneur du marché noir et le grandiose Idris Elba qui arrive à nous faire pardonner son apparition dans Thor (Heimdall, non mais sans déconner…), le jeu d’acteur est moyen. Charlie Hunnam étant le pire du lot et il fait peur tant il est médiocre. Pourtant dans Queer as Folk ou Sons of Anarchy, il se débrouille. Mais pas là. Vraiment pas.
ATTENTION SPOILER
Vient ensuite le fait qu’une grosse partie du film se concentre sur le phénomène de neural handshake / »courant » et qu’il faille sélectionner, fusionner avec son copilote de façon tellement complexe et unique que c’est pour cette raison qu’une poignée de gens peuvent piloter des jaegers. Et hop! On s’en branle à la fin ! Le scénario nécessitait de prendre un nouveau partenaire ! On vous a pris la tête avec les explications technologiques et les complications logistiques de la chose ? On s’en fout ! C’est classe ! Hahaha ! Bref.

FIN DU SPOILER
En résumé:
C’est pas original si vous avez déjà lu des mangas, regardé des animes ou joué à des jeux vidéo japs. C’est un bon film d’action avec des hommages et des références plus que respectables. L’univers est visuellement riche et impressionnant. Idris Elba assure comme une bête. Le perso principal a le charisme d’une huitre. Les pleurnichements du « courant » sont du domaine de « tout ça pour ça ? ». Pas de longueur et ça n’arrête pas. Le tout sur une musique qui pulse de Ramin Djawadi.
Mon opinion:
Réservez dès à présent votre place pour voir ce film dans une salle digne de ce nom pour vous en prendre plein la tronche au lieu de regarder ça en divx chez vous comme des crevards ! Pour une fois qu’un film a des couilles…

