Dire que le film X-Men days of future past était attendu est un pléonasme manifeste. Après un premier film ( X-Men first Class) qui est parvenu à redresser la barre de la franchise X, il fallait maintenant transformer l’essai. De plus, le retour aux commande du père de la franchise sur le grand écran ne faisait qu’augmenter les enjeux. Analyse.

On attendait énormément de ce nouveau film X-Men. En fait, pour être plus précis, on attendait que Bryan Singer, réalisateur des 2 premiers X-Men et un peu le papa de la franchise X, confirme l’éssai marqué 2 ans auparavant avec X-Men First class, réalisé par Matthew Vaughn. La Fox misait aussi beaucoup sur le retour des mutants de la Maison Marvel puisqu’elle lui a allégué un budget pharaonique de 250 000 000 de dollars. Les enjeux étaient énormes, tout comme l’histoire que voulait raconter Singer. L’adaptation des 2 épisodes X-Men Days of future past, imaginé par Chris Claremont, le « papa » des nouveaux X-Men et John Byrne, dessinateur légendaire de la saga, projetait le lecteur dans un futur apocalyptique où mes mutants sont pourchassés par les Sentinelles, qui les emprisonnent et les exterminent jusqu’au dernier. Pour changer l’histoire et préserver la communauté mutante, Kitty Pryde retourne non sans mal dans le temps afin d’empêcher la création des sentinelles. Si la trame de l’histoire d’origine a été gardée, Bryan Singer et Simon Kinberg ont modifié de nombreux éléments de l’histoire d’origine afin de l’intégrer dans la trilogie existante et lui donner une amplitude que l’on entrevoit dans le volet précédent.

Dès le début du film, on a plaisir à retrouver une ambiance, une musique, qui nous rappelle que l’on est dans un univers que l’on connaît bien. Bryan Singer expose la situation de manière claire et percutante. Les sentinelles dernières génération sont implacables et les mutants n’ont que peu de chances face à elles. Le seul recours des mutants est d’envoyer Wolverine, le seul à supporter le voyage, dans le passé afin qu’il puisse empêcher la création des sentinelles, et préserver le statu quo entre humains et mutants. Pour exécuter ce plan c’est kitty Pryde, qui, en plus de traverser les murs, peut maintenant envoyer les gens dans le passé (??). On a plaisir a retrouver d’anciennes connaissances telles que Storm, Colossus, Iceberg, le Professeur X, Wolverine, et Magnéto, tout comme on découvre de nouveaux mutants comme Bishop, joué par notre Omar Sy national, Li bingbing qui joue Blink, et BooBoo Stewart dans le rôle de Warpath le mutant indien, et Solar à ses côtés. Les scènes d’action impressionnent de par leur gigantisme et leur dynamisme. on va dans tous les sens, sur tous les fronts et pourtant l’histoire et les combats restent lisibles.
RETOUR VERS LE PASSE
La mission de Wolverine dans le passé ne sera pas chose aisée. L’institut Xavier a fermé, Magnéto est devenu un terroriste. Les retrouvailles entre Logan et le fauve, qui est resté prendre soin du Professeur X, sont remuées. Les scénaristes ont eu la bonne idée de faire du fauve un personnage dans le style de Hulk, ce qui lui donne une dimension spectaculaire parfaite pour le grand écran. Tout comme dans le premier épisode, Logan sert de témoin aux spectateurs pour s’immerger dans cette nouvelle époque et comprendre comment il peut arriver à ses fins. Au travers de ses yeux, on redécouvre le Professeur X, privé de ses pouvoirs et alcoolique, qui peine à croire ce que lui raconte Wolverine. La relation entre ces 2 personages est intéressante à plus d’un titre, car les rôles sont cette fois inversés, le rôle de guide étant cette fois dévolu à Logan, pas vraiment à l’aise dans cette partition. Charles Xavier est celui qui connaît l’évolution la plus fulgurante dans le film, puisqu’il part d’un homme désoeuvré pour revenir vers le guide de la communauté mutante que tous veulent suivre. Au final Wolverine demeure fidèle à lui-même, toujours aussi bad-ass et cool, bien qu’au centre de l’intrigue, il ne prend pas vraiment part à l’action. Contrairement à Wolverine, Mystique prend une très ( trop?) grande place dans cette nouvelle histoire, car, sans vouloir trop en dire, c’est à cause d’elle que les mutants vivent dans le futur un destin funeste. Du fait de son nouveau statut de star, Jennifer Lawrence se trouve avoir un temps d’écran trop important, déséquilibrant un peu le film et laissant penser de prime abord que le film est « mystico-centrique ». L’intrigue n’en souffre pas malgré tout. Bryan Singer réalise le tour de force de caser de nombreux caméos de mutants déjà vus dans les films précédents, que ce soit au travers des déplacements de Mystique ou de Magnéto. Justement, Magnéto. Que ce soit la version futuriste ou celle des années 70, les deux interprètes du film contribuent chacun à leur manière de faire du personnage un combattant bad-ass qui combat pour ses idées. La version de Michael Fassbender est même très affutée, très extrême, lorsque celle de Ian Mac Kellen joue un magnéto fatigué, désabusé, passé par une longue période de rédemption. Magnéto retient l’attention et, comme à son habitude, fait tout pour se faire entendre avec grandiloquence.

LE RETOUR DU PERE
Disons-le franchement, Les films issus de la franchise X-Men se sont délités avec le temps, perdant en qualité au passage. Le studio Fox a durant des années choisi d’aller vers la facilité au lieu de monter des films de qualité. Cette perdition commence avec le départ de Bryan Singer chez Warner Bros pour monter Superman returns. Les films qui ont suivi ce départ ont été décevants, bien que Lauren Shuler Donner soit aux commandes. X-Men 3, X-Men origins: Wolverine, sont des erreurs de parcours dont la franchise a mis plusieurs années à se remettre, tout d’abord avec la venue de Matthew Vaughn, déjà envisagé pour X-Men 3, pour le film X-Men first Class, qui a permis de raviver l’intérêt des fans pour ces mutants qui nous accompagnent depuis maintenant 14 ans (!). Dès lors, après un premier film aux nombreuses qualités, Bryan Singer, le père de la franchise X-Men au cinéma, ne pouvait pas se permettre de rater son retour. Dès les premières minutes, on sent la patte Singer tant l’histoire, la construction, la réalisation sont construites et soignées. Les personnages à gérer son nombreux à l’écran. Singer parvient a rendre son récit fluide, malgré la multitude d’enjeux, ce qui est déjà là un tour de force !
UNE ACTION PERCUTANTE
Les scènes d’action ont longtemps été le point noir des réalisations de Bryan Singer. La raison en est simple: cela ne l’intéresse pas. Il démontre tout son savoir-faire dans les confrontations avec les sentinelles du futur et surtout les scènes avec Peter ( oui Peter et non Pietro) Maximoff, autrement connu sous le nom de Vif-Argent !!! Les scènes du bolide mutant sont tout simplement hallucinantes et teintées d’humour propre à Singer. Je dois l’avouer, je n’étais pas très enthousiaste à la première vue de ce personnage haut en couleur, et plein de gouaille. A l’écran, c’est autre chose. La vitesse est montrée de telle manière que l’on a l’impression que Peter ( et non Pietro) entre dans un autre monde.
L’autre grosse scène concerne les sentinelles, les robots chasseurs de mutants, qui montrent tous leur potentiel meurtrier dans le futur et dans le passé. Les sentinelles du futur impressionnent énormément, avec un style sombre et menaçant. Petit bémol concernant un de mes mutants préférés, Colossus, qui se fait démancher à chaque fois la tête en quelques secondes face à ces robots. Sans spoiler, le réalisateur aurait pu envisager de reproduire une scène présente dans le comic et impliquant Storm et Collossus, et qui était percutante à souhait. Colossus a toujours eu un rôle mineur dans les films X-Men et Singer avait l’ooportunité de lui laisser un petit moment de gloire, il n’en a rien été. Dommage.
QUAND LE PASSE CROISE LE FUTUR
On a plaisir à retrouver le casting énorme des premiers films croiser ceux de first class. ce film pourrait être considéré comme un passage de témoin, un reboot, un peu à la manière de ce qu’à fait DC avec le crossover Flashpoint. Un nouveau statu quo est mis en place. On a hâte de découvrir ce que les producteurs vont en faire.
DES EFFETS SPECIAUX DIGESTES
L’une des premières craintes avec un tel film, c’est que l’ajout des effets spéciaux rendent le film totalement artificiel. Or, il n’en est rien. Cela se voit notamment avec Mystique, qui effectue de nombreuses transformations et aussi le Fauve, dont les déplacements impressionnent, surtout lors de sa première rencontre avec Wolverine. La production a mis les moyens pour faire honneur aux personnages, notamment Vif-Argent et Magnéto qui impressionnent lorsqu’ils sont à l’écran.

UNE INTRIGUE MAITRISEE
L’histoire se développe naturellement et les éléments s’imbriquent les uns dans les autres de manière logique et intelligente, ce qui est la marque de fabrique de Bryan Singer. On apprécie tout particulièrement le rôle de Peter dinklage, tout en retenue, qui délivre une très grosse performance, et parvient de se démarquer du reste du casting malgré un temps d’écran réduit à quelques scènes. singer a mis en place un ennemi pour qui l’intelligence le rendait beaucoup plus dangereux que Magnéto lui-même. Les répercussions du passé sur le futur sont très bien amenées. On n’est jamais perdu dans l’histoire, ce qui est un tour de force. Pour finir, les nombreux caméos de la fin feront plaisir aux fans et aux spectateurs, un peu comme si on revoyait d’anciens amis que l’on aurait quitté trop tôt !

A QUAND LA SUITE ??
Ce film va redorer le blason de la franchise et ouvre de nombreuses opportunités pour les prochains films à venir en 2016. D’ailleurs, le studio Fox s’inspire de la tradition de Marvel Studios en insérant une scène additionnelle après le générique. Tout ce que je peux dire, c’est que le studio est vraiment très ambitieux pour la suite des aventures de nos mutants. Surtout, restez bien après le générique, cette scène vous fera réfléchir.
Le retour des X-Men était attendu par les fans dont les attentes depuis X-Men first Class étaient énormes. Bryan Singer est parvenu à répondre à ces attentes en proposant un film à la fois simple à suivre, de par sa fluidité de narration, et complexe dans ses enjeux et la construction des personnages. La double lecture que l’on peut faire de ce récit est intéressante à plus d’un titre. On a plaisir à retrouver l’ancien et le nouveau casting dans ce film qui ressemble à un passage de témoin d’une génération d’acteurs à une autre. De nombreux moments forts ponctuent le film et en fait une des meilleures adaptations de comics de cette année. A ne rater sous aucun prétexte !!! Ce film est GS approved !!
